JAZZ MAYHEM n°13 – ULTIMATE JAZZ – Dimanche 22 Mai 2011
NASTY SAMY – DIMANCHE 22 MAI 2011
Hey Mike,
Ca y est, je crois que je suis cuit. I’m done. That’s it. Je tire ma révérence. Overdose de jazz. Bouffées de chaleur, tremblements, mains moites, soubresauts de paupières, mâchoires crispées, picotements dans le bras gauche, remontées acides dans le beuche…. Je vais y laisser ma santé, dude ! Je préfère jeter les gants sur le ring et lever la main droite en signe de renoncement. Drapeau blanc !
Et quoi de mieux que de stopper au numéro 13. Un espèce de chiffre de la bête, non ?
Manque de temps, manque de matériel aussi, c’est lié, un cercle vicelar’, le chien qui se bouffe la teub’, dur de trouver du temps pour mater des films et lire autant que je le voudrais… la zique me bouffe de l’intérieur et ça ne va pas se calmer d’ici la fin de l’année. Donc je refaçonne mon planning et l’adapte au chaos ambiant. Pas facile.
Bon, je reviens d’une tournée de 4 semaines qui m’a paru encore plus longue que mon séjour aux States… à chaque nouvelle tournée, je perds un peu de cette exaltation qui rendait auparavant ces virées intéressantes et stimulantes…. Et je me rends compte que je suis plus excité par ma nouvelle paire de running shoes (Nike Span 8, nouveau modèle, ultra confort, coussinet d’air sous le talon, renforcement molletonné sur le devant de la chaussure, grise métallisée avec bandes fluo jaunes, etc, de la bombe !) que la nouvelle tête d’ampli que je viens d’acheter (Engl, j’ai vendu mon Hi-Watt l’année dernière pour financer une partie de mon voyage aux States)… Ooooh, je couve quelque chose, moi.
Bah, c’est donc notre dernier échange épistolaire. En un peu plus d’une année je pense qu’on aura réussi à faire un petit tour de ce qui nous tracassait, toi et moi… cette petite bulle invisible qui nous entoure et nous protège, je ne pense pas qu’on puisse un jour la percer et c’est tant mieux, ça protège du soleil. Et de la connerie des autres. C’est cancérigène y paraît, et je ne parle pas que du soleil.… Continuons de trouver des solutions d’urgence dans les livres, les films, les disques, les séries, les zines… Continuons de nager d’une brasse maladroite, de boire la tasse de temps en temps, avec un mouvement de jambes pas vraiment synchro avec les épaules, ce qui importe finalement c’est de ne pas couler comme une clé de 13. Ah encore le chiffre de la bestiole, tu vois?!
Je me sens tiraillé par deux sentiments contradictoires, d’un côté étouffé par la sensation qu’il y a trop à dire… et de l’autre qu’on a déjà effleuré pas mal de choses, qu’on commence à tirer sur les mêmes ficelles, les mêmes noms et les mêmes références. Zarbi. Enfin bon, c’est pas non plus que je me réveille au milieu de la nuit en hurlant de terreur, hein… juste que j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la formule. Ça n’engage que moi.
Et là, la sensation est particulière, pour la dernière, soit je tire le rideau en allant à l’essentiel et en faisant un petit signe de la main à tout le monde ou je pars comme un prince, avec une colonne maousse et suintante. Ché pas Mike ! Laissons l’instinct reprendre le contrôle…
Depuis trois mois, tu penses bien qu’on a un max de trucs à se raconter… tellement que je ne sais pas par où commencer. Je reprends le fil de la conversation et m’y accroche à deux mains…
Les Posies ? J’approuve, bien sûr. Aux States j’ai racheté leur live “In case you didn’t feel like pluggin in”, pas inoubliable mais pour 1$, dur de se contenir. Toujours ses voix magnifiques parfaitement harmonisées mais sans les guitares chatoyantes et la section rythmique de barge…
J’adore les deux albums que tu as cité (« Frosting on the Beater » et « Amazing Disgrace »), deux classiques du rock made in Seattle… un band trop raffiné pour rentrer dans la case grungy et trop âpre pour se mélanger aux moutons pop… je les écoute encore régulièrement par contre j’ai pas accroché aux disques suivants (ni aux précédents d’ailleurs), toujours pop mais un poil plus classique, manque la hargne qu’ils avaient dans les nineties, et ces mélodies violentées par leurs guitares affutées…
Concernant les boutiques indés et les habitudes d’achat de zique, entièrement d’accord avec toi. J’achète quasi tous mes disques sur Priceminister ou Amazon… quelques Fnacs ou Gibert Joseph de temps en temps, surtout pour bénéficier des bacs d’occazes alléchants et des réductions en tout genre (les catalogues des gros labels sont bradés, vu la débâcle du biz!). Et des bacs metal bien garnis. Les seuls trucs qui m’intéressent dans les petites échoppes indés, c’est la seconde main… par exemple, pendant ma dernière tournée je me suis arrêté chez Vicious Circle à Toulouse, j’ai franchi la porte, fait un tour sur moi-même et suis ressorti… le problème de ce genre de boutique c’est la taille du bouclar. Minuscule. Ce qui veut dire : aucun stock. Donc c’est à flux tendu et la came proposée s’aligne sur l’actualité. Faut donc faire avec les trucs hype et les grandes tendances en cours…. En ce moment, c’est garage minimaliste de polichinelles, sludge/doom pour caricatures à poils longs, psyché pour faux ténébreux, metal progressif pour ancien post coreux, et enfin harcore early 80s tout rachitique pour passéistes frustros… Rien qui ne mérite de trôner sur ma chaine hi-fi. J’ai quand même touillé quelques bacs histoire d’être poli, le seul truc qui m’a piqué l’œil c’est l’album « Takis » de Cut the Navel String, grosse noise oppressante des 90s, ultra puissante et ambiancée, des guitares lourdes, caverneuses et expressives, avec une voix similaire à celle des Young Gods. Mais je ne l’ai pas acheté, je l’ai déjà dans mon I-pod, encodé par un pote il y a peu. J’avais cet album, quand je baignais pas mal dans les trucs bruitistes de l’époque comme Condense, Bastard, Electric Buttocks, Sleeppers, Prohibition, Portobello Bones (avec qui on avait joué quelques fois avec Second Rate… je me rappelle de Lionel, le guitariste/chanteur qui faisait ses balances sur un riff de Loublast, oh yes !).
Encore une fois, complètement d’accord avec toi pour dire que les disquaires en général sont des gens complètement suffisants et arrogants. Le syndrome High Fidelity je présume. Avec des goûts de merde en bonus. Quand j’étais aux States, je m’amusais à relever à chaque fois les play-list des employés dans les magasins de zique, annotés sur de grands panneaux derrière le comptoir… affreux. Des anti play-list en fait, suffisait de voir le nom d’un groupe dans ces listes pour me sabrer l’envie de l’acheter. Des choix sans queue ni tête, uniquement guidés par la volonté de faire les cake, les mecs listaient Klaus Nommi, Burzum, Brian Wilson, Barry White, Venom, Bathory, Vanilla Ice et Brian Jones Massacre sur le même tableau. A vomir. Genre. Putain de hipsters. La chaise électrique, cash. Bande de sous race.
C’est comme si je te disais qu’aujourd’hui j’ai écouté Dark Throne, un vieux Madonna, Front 242, Morrissey, Carcass, Beck, At the Gates, Scorn, Chokebore, Van Halen, Unsane, GZA, Joe Satriani et Voivod !!! Heu… hum, raclements de gorge, c’est EXACTEMENT ce que j’ai écouté… Pardon Mike.
En ce qui concerne le téléchargement, c’est très rare en ce qui me concerne… on l’a expliqué, les dossiers virtuels empilés dans l’ordi, c’est quand même pas très excitant. Et quand je le fais, j’ai tendance à me procurer le skeud dans la foulée, puisque le peu que je télécharge ça reste des groupes que je connais donc qui ont de fortes chances de bénéficier de mon maigre budget. Cette aprèm’ j’ai flanché sur le dernier Integrity, hardcore/hatecore bourinos aux riffs éculés mais à la puissance de frappe plutôt sèche. C’est haineux et méchant. Parfait. Bon celui-ci, je ne vais pas l’acheter (d’ailleurs j’ai déjà mis le fichier dans la corbeille, je ne stocke pas les trucs moyens que je risque de n’écouter que trois fois dans l’année), je préfère me remettre leur « Humanity is the Devil » sorti en 1996 (avec une pochette superbe signée Pushead)… J’ai un tattoo sur la jambe avec les initiales HITD. Pas spécialement en rapport avec Integrity cela dit… c’est une espèce d’extension du délire « le loup est un loup pour l’homme » et « l’enfer c’est les autres »… mais en version 2.0. Pour me rappeler que chaque fois que je sers la main à un être humain, il faut que je reste sur mes gardes. Check les lignes ci dessous si tu veux en savoir un peu plus sur cet acronyme barbare :
« And humanity is brimful of promises and so-called good intentions, yet behind it is a trail of abject failure and betrayal. And humanity is afraid, for it is steeped in evil.
And as with all things, by its fruits shall ye know humanity. And humanity’s fruits are foul; bruised and bitter, and rotten to the core. And humanity’s home is the earth, and the earth is Hell.
Satan is free for His work is done. Satan is no longer the Devil, for He has passed the poison on to that which chose to take it and become it.
Now there is nothing more evil in the universe than man.
His world is Hell, and he himself the Devil. »
Amen. Chouette, non ?
Le biz’ musical est tellement à l’agonie… des milliards de groupes qui sortent des skeuds dans le vide, le support physique souffle son dernier râle, une ère nouvelle, le digital en force, la victoire du son sur la passion… rien de concret, aucun archivage, pas d’emprunte, pas de fond, pas de colonne porteuse, pas de vie. La génération X, la vraie, c’est celle-ci. Génération néant. Génération fantomatique. Génération sans racine. Génération zombie.
En ce qui concerne la déco de ma nouvelle crypte… bah c’est simple, je vais te lister ce qu’il y a sur mes murs, ça te donnera une idée exacte de l’ambiance… j’ai opté pour un truc du style Panthéon, c’est-à-dire mes idoles encadrées qui me regardent d’un œil noir et m’obligent à me tenir bien droit toute la journée, quitte à se que j’aie la nuque qui pique un peu… donc ouais, pas mal de cadres, un truc que je n’avais jamais fait, encadrer, faut dire que c’est ultra cher…
Sur mon bureau : Arnold Schwarzenegger (photo promo de Kalidor), Eddie Van Halen (en pleine acrobatie tappingesque, le saligaud porte un futal rose, un bandana autour du cou et un marcel bleu clair, il est au poil pour intégrer le backing band de Johnny Clegg !!!), deux figurines de Freddy Kruger, une de Thor (allez, une petite présentation de wikipedia : « Thor est un dieu guerrier, le plus fort de tous. Il possède un char tiré par deux boucs qui lui permettent de traverser les mondes. Son attribut le plus célèbre est son marteau Mjöllnir, avec lequel il crée la foudre, et qui lui permet surtout d’être le protecteur des dieux et des hommes face aux forces du chaos, comme les géants qu’il abat régulièrement et dont il est le pire ennemi. En tant que dieu du tonnerre il apporte la pluie ce qui l’associe également à la fertilité. »), quelques mini affichettes punaisées aux murs (Manowar, the Monster Squad, Humanoids from the Deep, Echo and the Bunnymen, une carte postale de Roswell, Death Race 2000, Ozzy)…
Autour de moi, au sol ou aux murs des affiches encadrées : Evil Dead, le Blob (version 80s, la meilleure !), Robocop, Johnny Ramone, un poster promo de Get in the Van, deux drapeaux (Metallica –logo de Pushead- et Danzig –une nonne squelette avec les nibards à l’air et les cuisses à demi écartée, commandé sur Art & Décoration bien sûr, arf !).
A la cuisine, affiches cinés grands formats : Breakfast Club, Demon Knight, Tales from the DarkSide, Nightmare on Elm Street et un poster de RKL. Ah j’allais oublier un calendrier Marvel punaisé au mur (le mois de Mai, c’est Thor, encore lui !)
Dans ma piaule (qui est aussi mon bureau !), des posters à la gloire des magazines horrifiques Rue Morgue et Fangoria. Quelques affichettes, celles du film Hatchet, de la série Twilight Zone, Joey Mascis en concert avec Mike Watt (deux grand bonshommes pour moi), un visuel d’un best of d’Oasis encadré, une vieille affiche de Rocket from the Crypt en concert en Suisse (dessiné façon EC Comic), une mini affichette du film Christine (le meilleur Carpenter? le meilleur Stephen King?), une du film splatter-gore Slime City (dont on a rencontré le réalisateur dans une convention horrifique au Canada), une illustration de Danzig muni d’une épée et chevauchant un loup géant (par l’illustrateur Mark Rudolph qui a dessiné la pochette du premier album de Teenage Renegade), une vieille couv’ de Rage Magazine avec Rollins (1994 j’dirais), un drapeau ricain en guise de rideau à l’une de mes fenêtres et la planche de Sk8 de BZP appuyée contre un petit meuble.
Dans ma salle de bain, quelques mini cadres posés ici et là, entre les brosses à dents, le dentifrice, mon rasoir, mon déo et le bordel de la mère Nasty : des affichettes de Tad, the Simpsons –Bart Vs. The Space Mutants (la pochette du jeux vidéo sorti au début des année 90 !), une plaque d’immatriculation du Mississippi, un patch de Spiderman, une petite figurine en caoutchouc d’un alien à la tronche marrante, une autre d’un haltérophile des années 20 (façon freak show, genre l’homme le plus fort du monde, avec sa coupe de cheveux ringarde et ses moustaches façon Brigades du Tigre)…
J’peux pas être plus précis, Mike !
Je ne suis pas allé au ciné depuis 5 mois ! Black Swan, tout le monde m’a saoulé avec ça… je laisse refroidir et me pencherai dessus quand la tempête sera passée… l’univers de Daren Aronofsky ne me met pas en transe. Bien qu’ayant adoré the Wrestler (surtout la morale de ce film en fait), le reste ne m’a jamais remué les tripes… Requiem for a Dream, mega bof… le glauque pour le glauque c’est usant, le matériel de Selby était beaucoup plus fin que ça je trouve… En ce moment regarder des films, c’est tout en bas de la liste de mes priorités… je ne me tiens même pas au jus de l’actu’… j’ai quand même acheté le dernier Mad Movies pour essayer de reprendre le train en marche (huit mois que je n’avais pas posé un œil sur ce canard !)… et surtout parce qu’il y a un papier (et une couv’) sur le remake de Conan ! Là c’est sûr, je serai bien en salle le 24 août !
Conan, What’s best in life ? Heu, écouter un skeud de Danzig en faisant une série de pompes? Lire un vieux numéro de Hard Rock Mag (Sept 92) assis sur les chiottes? Monter une milice encagoulée pour intervenir physiquement (à l’aide d’un gourdin de 1m43 en bois de chêne) en tapant à l’aveuglette dans la fosse d’un concert de Jim Jones Review ? Collectionner des couteaux dont les lames sont plus grandes qu’un stylo bic (capuchon compris) ? Manger un pizza marguerita avec ma femme sur la montagne qui surplombe notre bled et apprécier la vue en précisant à voix haute que la life est plutôt peinarde et voir que ses yeux scintillent de 157 petites étoiles ?
Huh ? Ce ne sont pas les bonne réponses !?? Mike, help me !
J’ai loupé quelques films que je serais certainement allé voir si je n’avais pas passé ces dernières semaines sur la route… genre Sucker Punch de Zack Snyder et Scream 4 (il paraît que c’est bon, les deux premiers sont géniaux). Tu les as vu ?
Au niveau DVD, c’est loin d’être extatique non plus… je me suis farcis Hatchet 2, commandé aux States, j’ai adoré le premier, la suite est dans la lignée, un poil paresseuse et ras la touffe, ça m’a tout de même procuré une certaine jouissance. Que l’intégral de la filmo’ des frères Cohen ne m’a jamais offerte. Ultra gore, très fun, très con, très bon. Dans la chronique du premier épisode (parue dans le Megazine 3, en 2009) je me pâmais gaillardement : « C’est ultra gore, option splatter, avec la claire volonté de se fendre la poire à chaque plan, l’équipe derrière ce film a tété du Evil Dead, du Freddy et du Vendredi 13, ça devait trucer sec sur les nichons. Ce se voit, ça se sent, ça se palpe et ça s’entend. Leur manigance est évidente, ramener cet esprit gaudriole au premier plan, marre des torture porn crapoteux, des films asiatiques trop barrés et des thrillers fantastiques pour retraités, on veut du fun, du fion et des machettes sanguinolentes (à chanter sur l’air de ‘du rhum, des femmes et de la bière nom de dieu’). »
J’ai beau me gratter la barbiche et me palper l’entre jambe, j’ai rien de mieux à écrire sur ce film. Je deviens fainéant j’crois.
Dans un autre délire, j’ai véritablement été bouleversé par la série Friday Night Lights, conseillé et prêté par un pote (yo Fab). Je pourrais en tartiner des paragraphes tant ça m’a emmené loin… J’ai maté la première saison en rentrant des States, genre une semaine après avoir atterri… je pensais être vaillant et complètement au clair quant à mon changement de situation, le dépaysement, la réadaptation, etc…. effet garanti. Ce que j’ai vécu pendant 6 mois condensé dans un coffret DVD (ouais, je ne télécharge pas, j’achète mes dvds, dingue !)… je te raconte pas le retour de flammes… option boule dans la gorge, yeux rivés au plafond pendant de longues minutes, impossible de bouger un membre, micro dépression et envie de repartir illico presto… quand j’emploie le terme « bouleversé », que les choses soient bien claires, il ne s’agit pas d’une exagération dont j’ai le secret… cette série m’a littéralement laminé, physiquement et mentalement. Mec, pour être complètement honnête, j’ai même chialé. Trois fois. Ouais oh ça va, hein… Je ne suis pourtant pas spécialement fan de foot américain, l’épine dorsale de cette série, mais ça dépasse de loin le sujet… en fait surtout un prétexte pour nous présenter la vie d’un petit bled typique (Dillon, Texas) et de ses habitants, avec le casting classique, presque caricatural, mais traité d’une façon intelligente, sensible et ultra réaliste. Profond, même. Au centre de la cible les membres de l’équipe de foot du lycée, puis apparaissant en cercles concentriques leurs petites copines, les potes, les parents, le coach, sa femme et sa fille, les profs, etc… tous se croisent, se côtoient, se supportent, se déchirent psychologiquement, bref, on y est et pas qu’un peu… les histoires quotidiennes d’une Amérique pure souche et la vie en tranche de ceux qui tentent de garder la tête hors de l’eau… L’american way of life comme on l’a rarement vu dans un film ou même un documentaire. Les gros thèmes liés à la culture américaine sont disséqués et analysés avec un sens du détail incroyable. Le sport, la religion, le sens de la communauté (un truc qui s’est perdu en Europe), les déboires post adolescent, le marasme de l’âge adulte, les relations familiales, les racines culturelles, la fierté ou la frustration qui en résultent, etc… L’americana en grumeau sur pellicule, d’une charge émotionnelle rarement proposée dans ce genre de format et une explosion de sensations que je ne pensais pas un jour éprouver devant un « petit écran » (ouais, on peut substituer le mot « laptop » à cette expression en 2011, non ?). Bref, une lucarne sur cette Amérique rurale et isolée qui nous fait tant fantasmer. De mon côté j’ai rien trouvé de mieux pour ressentir à nouveau ce que j’ai vécu là bas. En attendant de racheter un billet pour y refaire un saut, ça dépanne…
Rien a voir, t’as vu ce qui est arrivé à Ben Weasel ??? Ce mec est un héros. Il avait déjà une place de choix dans mon cœur mais là il a encore gradé. La première fois que j’ai maté cette vidéo -où on le voit puncher une meuf devant la scène à la toute fin de son concert au Festival SXSW à Austin- j’ai explosé de rire !!! J’ai appelé la mère Nasty en urgence (elle était dans la cuisine en train de me faire un shaker banane/protéines au chocolat, succulent), lui ai fait visionner ces 2 minutes de pur bonheur en attendant impatiemment sa réaction… explosion de rires (bis)… ouf, si ça n’avait pas été le cas, j’aurais peut-être envisagé le divorce !
Bien sûr il s’est fait lyncher par la communauté pop punk, ce microcosme de têtes pleines d’eau…. Les plus pleutres n’ont pas attendu une seconde pour rebondir sur son manque de sang froid (et de professionnalisme ajouteront certains) et le planter dans le dos comme seul des cloportes atrophiés des burnes pourraient le faire… déclaration de Judas, appel au boycott, crachat dans la soupe, etc, les groupes à la mode qui ont bâti leur carrière sur les gimmicks de Ben Weasel annulant même leur présence à Weasel Fest à Chicago, manière symbolique de se détacher du scandale et de ne pas se salir les menottes… ça prouve le niveau de ces groupes merdiques du genre Teenage Bottlerocket et consorts, et ça me conforte dans l’idée que ces corniauds, en plus d’être scandaleusement surestimés, sont une belle brochette de malappris et d’hypocrites, au niveau aussi élevés que les lyrics de leurs songs débiles. Fuck these guys.
Seul Joe King des Queers, grand pote de Ben Weasel depuis des lustres, lui a apporté son soutien, ainsi qu’un regard froid et pragmatique sur la situation… précisant que la violence et les gestes déplacés aux concerts de punk rock, c’est pas vraiment nouveau, excusez nous messieurs dames… quand Rollins savatait des nanas bourrées qui lui cramaient les pieds avec des mégots de clopes (les inventeurs de facebook et youtube étaient encore dans les noix de leurs darons, je précise quand même), idem pour le costaud de Fear qui n’y allait pas avec le revers de la main sur les tocardes du premier rang qui avaient du mal à se tenir correctement, deux exemples parmi des dizaines, et personne n’en a perdu le sommeil… Joe King en profite pour tirer des conclusions très claires concernant la nouvelle scène pop punk, qui sont très proches de ce que je dis depuis un bail : un paquet de groupes évoluant dans cette catégorie poids plume mériteraient d’être jetés nus dans une fosse à purin.
Ca n’excuse en rien le geste de Weasel, right, mais juger son comportement en jouant les moralisateurs effarouchés et en lui imputant un statut de tabasseurs de gonzesse, oh, ça va, faut quand même pas déconner… tout juste si le lendemain les forums n’ont pas appelé à faire une minute de silence symbolique pour toutes les femmes battues dans le monde… bande de branleurs ! Si Weasel est un cogneur de meuf moi ch’uis un enculeur de nains !
Qui n’a jamais pété les plombs, qui n’a jamais été dépassé par ses actes ou ses paroles (qui laissent bien souvent des marques plus profondes que les coups dans la gueule)? Regardez vous dans un miroir, en plus de contempler votre sale gueule fripée vous vous rendrez compte que les trucs pas folichons et les attitudes scandaleuses, ça vous connait, et pas qu’un peu… On est tous fait du même bois, certains donnant dans l’acajou et d’autres dans la cagette…Laissons Weasel dealer avec sa propre morale, ses propres valeurs et son propre cœur, je suis sûr qu’il le fera très bien et qu’il saura tirer lui-même le bilan de cette belle soirée… A-t-il besoin d’un groupe de quatrième division pour lui expliquer qu’il a dérapé ? Come on… (avec l’accent très appuyé, hein).
Bon, bref il a punché une meuf, et alors, c’est son problème… la gourde lui a balancé de la bière, des glaçon, l’a insulté, bref, pas de quoi la rosser non plus mais elle est tombé sur le mauvais numéro, au mauvais endroit au mauvais moment, la prochaine fois quand elle ira à un concert elle posera son gros cul sur un siège en fond de salle et sirotera un verre de grenadine. Et peut-être qu’il n’y aura pas de prochaine fois, parce que la Simone en question a peut-être compris que le mieux à faire quand on est aussi cruche, c’est de rester à la maison et regarder la rediffusion d’un épisode des Feux de l’Amour. Et peut-être se faire un potage aux barbituriques en ayant pris le soin de laisser un post- it grifonné d’une main trémulante sur la table de chevet : « Ben m’a tuée ».
Moralité de cette histoire carambar : la violence c’est pas bien. Une meuf bourrée déguisée en Betty Page de second choix qui jette des glaçon et fait des gestes inconvenants devant la scène, c’est encore moins bien. L’être humain doit prendre se responsabilités et accepter la punition quand elle est nécessaire. Un coup de poing dans la gueule ne résoud aucun problème, certes, mais ça soulage. Homme-Femme : même combat. La connerie n’a pas de sexe.
Le plus triste dans cette histoire, ce sont les plates excuses de Ben Weasel sur son site quelques jours après son forfait, dictées je le suis sûr par son management et par la volonté malhabile d’essayer de redresser la barre… Quoiqu’il en soit, ce geste brillant va certainement lui bouffer sa carrière…
Ben Weasel est pour moi le vrai esprit de la scène pop punk, le croisement de Buddy Holly (qu’il a tatoué sur son épaule) et de Johnny Ramone, sorte de poil à gratter sur la bonne conscience des punk rockers et de leurs ramassis idéologiques utopistes et inappropriés dans notre jungle moderne, et il en est de même de ses potes et/ou compagnons de route : Dan Vapid, Joe Queer, Jughead, Mass Giorgini, Dr Frank et quelques autres… des gars solides. La nouvelle génération n’a pris que l’attitude j’menbranliste du délire en omettant le ciment du genre : de fortes personnalités et des individus singuliers. Il ne suffit pas de roter dans un micro, se gratter les couilles et balancer fébrilement les accords de Sheena is a Punk Rocker en boucle à toutes les sauces…
Ben Weasel, reste digne et droit, fonce dans l’tas ! Et la prochaine fois que tu montes sur une scène, plutôt que de mettre un soufflet à une greluche mal roulée, vise la limace avec un t-shirt Screeaching Weasel et un perf’ tout neuf trop grand pour ses épaules chétives (fais quand même gaffe aux phalanges, quand les lunettes volent en éclat, ça coupe !). Et n’hésite pas à sortir le poing américain de la poche arrière de ton jean. Histoire de bien lui faire comprendre que la vie c’est un peu plus compliqué que les paroles de « Hey Suburbia ».
Tiens ça me fait penser qu’il faut absolument que j’achète le nouvel album de Screeching Weasel « First World Manifesto » sorti il y a quelques semaines. Je soutiens cet homme, son œuvre et sa cause, hé ouais.
Cette connerie de vidéo m’en rappelle une autre, dans un tout autre genre… quand Danzig s’était fait étaler par un gros porcin d’un groupe hard core bas du front en backstage… Les gens aiment ce genre de truc, constater qu’il n’y a pas qu’eux qui ont la truffe dans la merde ça leur permet de s’accrocher à la barre… A ce sujet (je parle de la croquette que Danzig s’était pris en pleine poire), je suis tombé sur un blog bien cool, je ne me souviens plus du lien (un site ricain), on s’en fout, où l’auteur chroniquait le dernier génial album de Danzig… un condensé d’humanité, la vraie, et d’intelligence… des mots que j’aurais adorer pianoter sur les touches de mon laptop… le mec à tout compris. Je vous remets le passage, le papier s’intitulait I Still Believe in Glenn Danzig :
« We’ve all seen the video of Glenn getting knocked cold by one punch backstage at some show somewhere. Alot of people laughed at that, because Glenn’s image had always been toughest of the tough, blackest of the black. His « huge ego » was discussed often, and seeing the mighty GD felled by such a cheap shot seemed, to some, like justice. Alot of Youtube videos and comic books have made fun of Glenn Danzig, and some of it is pretty funny. But me, I just wanted the guy to make another great record. (…)
I still believe in Glenn Danzig. Because I don’t care about Youtube videos, I don’t care about comics depicting Glenn gettin’ intimate with Henry Rollins, I don’t care about people getting fat and going bald and having big egos. I care about music. Deeply. It’s basically all I have, good peoples. And Danzig is back to making good music. You best believe it. »
Ce mec ne se prendra jamais le poing de Ben Weasel dans la gueule. C’est sûr.
Pour la préparation de chaque colonne de ce site je fonctionne toujours de la même façon… j’ai un bloc post-it sur lequel je note des idées, des thèmes, des noms, des trucs divers… Pour cet ultime épisode je n’ai qu’une malheureuse ligne incrite, pas une formule magique mais presque : Vanessa Demouy.
Je ne me rappelle plus vraiment ce qui m’a poussé à vouloir me pencher sur les courbes de la grande brune (heu, ne vous méprenez pas hein, je suis un homme marié !)… très certainement le meilleur moyen de revenir sur ces week end typiques de mes années bahut… je rentrais complètement allumé chez moi après avoir passé la soirée du samedi avec mes potes à boire/parler/draguer (« j’te jure j’ai rien fait on a juste discuté, t’es chiante! » bobardais-je le lundi à ma poule !)/fumer/peloter/rigoler (vous pouvez mettre dans l’ordre que vous voulez)… Sur le coup des 2 ou 3 heures du mat’, instants solo post dépravation (ma meuf n’habitait pas mon bled et on se voyait toute la semaine au bahut, le week end c’était quartier libre), à pas de velours mais avec des gestes d’éléphant dans une joaillerie, je sortais les biscottes, le pot de Nutella et allumait la TV en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller ma mère qui pionçait dans la piaule d’â côté (« Dis donc tu s’rais pas rentré à 4h du matin hier soir ?« , « Baaaaah nooon j’te jure il était 1h00 mam’ » bredouillait Pinocchio le lendemain à table!)… et à chaque fois, le même spectacle : une rediffusion d’un épisode de Cœurs Caraïbes… J’vous jure. Fou.
La choisir en playmate ultime et définitive me semble donc tout a fait approprié… Elue Miss 90’s, toutes catégories confondues :
Rayon lecture, toujours le nez dans un zine, un magazine ou un book…
J’ai vraiment apprécié « Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears », sorte de carnet de route d’une française (Elise Costa) qui décide de partir quelques mois aux States pour suivre les traces de l’idole de ses années ados, Britney Spears. Ca fait un peu peur écrit comme ça mais le sujet reste avant tout un prétexte pour nous transbahuter à New York, dans le Mississippi, à Las Vegas et à Los Angeles (quatre étapes cruciales dans la carrière de la blonde) et nous canarder de petites références à cette pop culture qui nous aide à tenir debout quand le quotidien se fait un peu collant sous nos running shoes (ou converses ou doc marteens ou ce que vous voulez, tant que vous ne portez pas ses petites godasses en cuir pointues ridicules, ça me va…). Quand le journal de bord d’une fan’ pétulante décomplexée mue en biographie à demi détournée mais complètement assumée d’une figure du pop bizness extra grand public, et que tout ce chambard vire à la quête quasi initiatique sur les route ricaines, j’opine du chef et approuve l’exercice. Une écriture tonique et une fraîcheur contaminatrice, un sujet léger mais traité comme il se doit, avec audace et insouciance. Extrait :
« (…) Surement parce que la jeunesse doit se faire avec musicalité pour être vécue de façon intense . Les plus belles madeleines de Proust mélodiques sont celles de notre bel âge. Dans quelques années nous serons nostalgiques du moment présent et le seul moyen de se le remémorer sera toujours la musique. Il y a nécessairement une révolution latente à laquelle on se raccroche, un anti-conformisme auquel on se rattache quand on est jeune. Que cela passe par la mode, les prises de position politiques, la littérature underground, les fanzines ou les arts graphiques alternatifs, notre principale source d’inspiration et de vibrations reste avant tout la musique ».
Un lien vers son blog, où vous trouverez toutes les infos pour commander ce bon book : http://www.elixie.org
Dans un autre trip je suis en train de lire une biographie cheapos de Stallone (la Revenche de l’Amérique, éditée dans les 80s) qu’un pote m’a offert à un concert, ci-mer buddy ! Anecdotique mais poilant à lire quand les paupières sont lourdes et que j’ai le cervelet mortifié par une journée éprouvante… Et quoiqu’on en dise un sacré gars ce Rocky Rambo ! Encore un qui a vécu sa vie sans n’avoir jamais tiré le frein à main, tout à burne, dans tous les sens, agir avant de réfléchir, vite, dur, chaud et fort ! Pas sûr qu’il dissocie sa vie privée de ses rôles à l’écran, genre le mec vit dans un film géant mais en tout cas je le trouve sympathique et attachant. Et talentueux. Ouais. En plus de jouer ses rôles, il faut quand même signaler qu’il signe beaucoup de scénarios… Tu savais que son fils, Sage Stallone, gérait Grindhouse Releasing, une société de distribution et de restauration de vieux classiques du ciné d’exploitation (Cannibal Ferox, Cannibal Holocaust, the Beyond, etc)… !? Clique ici, un petit teaser vidéo de cette bio devenue très difficile à pécho.
Je ne résiste pas à la tentation de te faire partager la 4ème de couv’, racoleuse en diable : « Cétait un enfant malingre, presque rachitique, un faible dans un monde de forts… Il tient son premier rôle dans un obscur film pornographique. Au terme d’une dramatique période de vaches maigres, il écrit en quelques jours Rocky. Nominé pour 10 Oscars, le film lui rapporte 150 millions de dollars. Une indesctructible foi en lui-même le pousse toujours en avant. La gloire a fait de lui un mythe qui ne doit jamais décevoir : il est le symbole de l’Amérique triomphante. »
Ouh yeah! Alors, ça donne envie, isn’t it? Moi ça me met un énorme pêche/banane ces conneries…
Pas mal de zines sur ma table de chevet, toujours les mêmes noms, je vous en ai déjà parlé, je les ai déjà chroniqué, ce sont les nouveaux numéros et comme d’hab’ c’est du super job, intéressant, fun, riche, relevé et enthousiaste, de la vitamine C photocopiée en quelque sorte, je les ai tous dévoré de la première à la dernière page, allez y, ça tape grosso modo dans le rock/noise/punk/power pop/mélo/moderne ou vintage et trucs plus underground : Rotten Eggs Smell Terrible #25, I Hate People #5, Montag(e)/Grobader, Slime Zine #3, Sidewalks #1 (un de mes préférés celui-ci, j’ai envie de serrer le gazier qui l’écrit et de lui chuchoter à l’oreille que ce n’est rien, tout va bien aller, qu’il n’y a pas de problème, hahaha… best zine de 2010 j’crois bien, nostalgico tragico melancolico poilant, teenage angst du gars qui a bientôt 30 piges, un poil trop cynique et désabusé mais pour le reste ultra fendard, grâce notamment à cet humour à sec bien grinçant, façon ado’ qui n’a pas pris assez de coup de bottes au derrière… quoi, tu réponds, un coup de pompe au cul, blam! Va dans ta piaule, j’tai déjà dit de pas parler comme ça à ta mère!
Déjà, la dernière ligne de l’édito est au top : « Liste de choses dont ce zine ne parle pas : l’éthique straight edge. La musique noise. Le groupe Daitro. Les vélos commes objets politiques. La scène punk allemande. » Ahahaha, enormous ; le mec a aussi écrit Terrortriste, sorte de roman expérimental, ultra plaisant à lire, toujours dans le délire de la fibre adolescente qui te ronge de l’intérieur et qui te laisse comme une peau de kiwi desséchée sur un trottoir en plein mois d’Août. Ah et le man a aussi écrit un roman branché heroic/fantasy -Teliam Vore- publié chez Flammarion, prolifique et en verve sous sa carapace d’enfulte angoissé! Son contact : jameshasshay@hotmail.fr, son blog : http://survivrelanuit.canalblog.com), Lion for a Day #1 et #2 (zine de Jéjé la Peuté, qui joue dans MSL Jax, ultra branché Sub Pop et 90’s sound, avec des reports de voyages/tours, des reviews et des interviews de mecs dont on ne parle pas/plus assez, qu’il a retrouvé grâce à son flair de détective, genre des gonzes de Posies, Flop -celui là fallait aller le chercher!-, You Am I, Hard Ons, Fluf -idem, bien caché celui-ci, genre bunker ala Ben Laden-, bref c’est ciblé grungy pop indé de dans le temps!), Shotdown #12 (last numéro, snif ! Toujours aussi bon!).
Tiens, en passant, je viens juste de lire une nouvelle de Vincent Mondiot (le mec qui fait le zine Sidewalks et Terrortriste), intitulée « Y-a-t’il une vie après le lycée ? » (tiens, tiens, il me semble m’être déjà penché sur cette question). Un régal. En voici quelques petites extraits :
« On quitte le lycée, on se promet de ne rien oublier, on utilise des expressions comme « je suis resté un gosse dans ma tête », et au final on ne raconte que de la merde. La vérité, c’est qu’on vieilli, qu’on oublie tout, qu’on devient adulte, qu’on prend du bide et du compte en banque, et qu’à la fin il ne restera rien qu’une poignée de souvenirs datés et de regrets. »
« Y’a pas de vie après le lycée… Les amis se cassent, les responsabilités s’empilent, et on est prisonnier d’un vingt-cinq mètres carré pour le restant de sa vie. Même vivre avec mes parents me manque, parfois. Même le lycée, même les profs, même l’ennui. Tout me manque. »
« C’est bien, les souvenirs, ça aide. J’en ai plein. Mais ça sert à rien de les vivre encore et encore. Parce qu’alors, finalement, ils se transforment, et ce ne sont plus des souvenirs mais juste une vieille purée cancéreuse dans le crâne. »
Bah ouais, que voulez-vous que j’vous dise…
En concert, depuis mon retour en France, vraiment pas grand-chose… j’ai assisté à un concert complètement loupé de Murphy’s Law il y a quelques jours, j’ai jamais été un énorme dingue du groupe mais ils font partie de l’histoire du punk/hardcore New Yorkais, le chanteur Jimmy G. est un vieux routard de la cause, je me suis dit qu’en concert dans un bar à Besançon, ça pourrait être fun… donc fun ouais ça l’a été mais pas vraiment dans le sens où je l’entendais ! Entre problèmes techniques redondants (et pas vraiment gérés), une mise en place plus qu’approximative, des zicos pas vraiment charistmatique et une set list souillée par un saxophoniste vraiment horripilant (en véritable jazzman je déteste le saxophone), tout ce chambard m’a vite épuisé… la bonne attitude du band (complètement détendu, trop peut-être ?) n’a pas réussi à me captiver plus de 7 minutes. J’ai maté 4 morceaux et fini la soirée à ricaner comme une marmotte devant le bar en jactant avec les bons gaziers du cru… bon, on a décidé de rebaptiser le nom du groupe, désormais ça sera Eddie Murphy’s Law!
J’ai acheté ma place pour Rob Zombie en Suisse, on verra ce que ça donne… c’est en Juin, et c’est une soirée exempte de toute frasques saxophonesques, ouf ! Ca m’étonnerait qu’on voit le gratteu’ John 5 envoyer un solo de bigniou en milieu de set… par contre pour une volée de sweeping et quelques tappings mitraillants, il va répondre présent!
J’en attends un show dans le genre Alice Cooper des temps modernes… peut-être suis-je trop gourmand !?
Sur la route avec Simon Chainsaw j’ai croisé des groupes cools dans pas mal de styles différents : Arno de Cea (ex-Steph et Arno, guitariste prodige de la surf music, technicité et énergie folle, ultra barré sur scène, un régal !), the Early Graves (dans le trip indie rock-midwest emo punk millésime fin 90s, on pense à Texas is the Reason, Dead Pop Club, Samiam -et tous les groupes qui squattaient ma platine pendant les années Second Rate-, un jeune groupe respectueux du genre et bien chaud pour tenir cet héritage sur leurs épaules, ils ont sorti leur premier 10’ il y a quelques mois, ceux qui sont dans le délire vont accrocher à donf’), Woodson (early Jawbreaker meets early Get up Kids meets Bushmen meets Horace Pinker meets un grand pan de la culture US high school, leur premier EP vient de sortir, je leur ai filé un coup de main pour le mixer, une petite galette très sympa !), Subcity Stories (post hardcore/indie fortement influencé par At the Drive In), Dumbell (action rock à situer entre Hellacopters des débuts, New Bomb Turks et Sonny Vincent), Les Enragés (street punk/oi avec des lascars très sympas), Lost Boys, FlashFalcon, etc…
La play list de ces dernières semaines :
Trop de skeuds promos sur mon bureau, plus le souffle ni le courage pour les chroniquer… c’est un truc que j’ai décidé de stopper, les reviews promos, j’ai donné, merci bonsoir. Juste une petite liste de ceux qui ont bien tourné dans la crypte :
WOODSON « 3545 Miles » : je t’en ai parlé au dessus, un disque que j’ai aidé à produire et mixer… une première petite galette humble et généreuse… emo punk midwest (dans le sens premier du terme) qui se frotte au punk mélo 90s from San Francisco, chatouillé par quelques petites mélopées mélancoliques, ces mecs auraient bien aimé vivre ailleurs qu’à Rouen. Genre dans n’importe quel bled paumé des Etats Unis. Bah ouais.
M. FALLAN « Contagious» : Pop cotonneuse et cafardeuse, bien arrangée, nappée de reverb’, d’ambiances déprimantes et de voix plaintives… c’est aérien, mélancolique et sensible, pour s’endormir tout nu sous les draps c’est perfect. Il y a un petit côté « Ok Computer » de Radiohead et peut-être un peu de Chokebore de leurs derniers disques.
JACK and THE BEARDED FISHERMEN « Places to hide » : ex groupe de stoner TRES influencé par Kyuss et la horde de plagiaires qu’ils se traînaient (Nebula, etc, la liste est sans fin), qui a peaufiné sa formule pour accoucher d’un excellent disque… ils se sont débarrassés de leurs tics faciles et ont creusé à la cuillère dans d’autres petits chemins de traverse, comme les taulards épris de liberté dans les geôles les plus rudes du globe… à l’arrivée, un disque personnel et habité, difficilement étiquetable, entre le rock sombre et musclé, la noise massive et tordue des années 90s et même quelques relents de ce Hot Snakes sound qui influence pas mal de groupes depuis quelques années maintenant… ici et là quelques furtifs gimmicks de post hardcore/stoner/prog’ de barbus (je ne citerai pas de nom, c’est contraire à ma religion)… mais globalement ils arrivent a bien dissimuler leurs cartes et leurs influences. Bonne surprise. Ils portent désormais fièrement l’étendard du rock régional à bout de bras. From Besançon, with Hate.
MEMBRANE « Disaster », encore des locaux, noise énervée de trentenaires, qui ont donc forcément beaucoup écouté Sleeppers, Unsane, Portobello Bones, Godflesh et Neurosis (je pense notamment à « Soul at Zero » et « Enemy of the Sun »). Un skeud oppressant et racé.
RUN OF LAVA « Node » : Metal puissant et colérique, ça riff, ça matraque, mosh parts bourrinos et petites giclées de blast beats ici et là, un chant hurlé, parfois chanté dans les graves, un très bon album dans le style, à équidistance de Napalm Death et de Vision of Disorder. Je sais c’est large, mais c’est exactement les références qui me viennent en tête. Preuve de leur bon goût, l’album est clôturé par une cover de « Twist of Cain » de Danzig, reprise façon Prong, avec harmoniques perçantes et gros son saturé. Ils ont splitté quelques semaines après avoir sorti cet album, ça restera un excellent testament d’un des meilleurs groupes métal de Besançon.
BILLY GAZ STATION « Inferno Attack » : Le groupe le plus singulier de la sphère indé française, mixant sans complexe le son pop grungy des nineties (école Dinausor Jr et the Posies) au rock 70s façon Deep Purple et Black Sabb’ (avec le côté evil en moins) et même Thin Lizzy. Ils ont quelques points communs avec the Wildhearts (pour le côté foutraque, mélodique, indigeste et riffesque de la formule) et on sent que Fred, le gratteu’, a bien scotché sur des trucs heavy des années 80s (Ozzy en tête)… Musicalement irréprochable, un disque où les plans jaillissent à chaque coin de couplets/refrains… ils réussissent le tour de force de partir dans tous les sens en restant calibrés… seul bémol, une production terne et un peu brouillonne… ça manque un peu d’impact, de relief et de couleurs… pour le reste, un des disques indispensables de ces derniers mois.
Séquence rétro :
EELS “Beautiful Freaks” : pop bricolo et ovni (mais pas lof-fi !) super attachante, ritournelles addictives, collages de sons zarbis, chansons arrangées avec finesse et goût, un disque super original et bien composé. Tu te souviens du guitariste/chanteur ? Un petit anémique avec des grosses lunettes, qui anticipait (avec Rivers Cuomo et Jarvis Cocker, entre dizaines d’autres) avec 15 ans d’avance ce look ridicule de nerd pop fashion qui fait tant fureur de nos jours. Putain, avec un peu de chance, si le mec de EELS avait eu des faux airs de Lou Ferrigno, tous les popeux de la planète auraient des bras comme j’ai des cuisses… look de brute pour musique de chambre, ça c’est la classe ! On casse les schémas, on se joue des genres, on inverse les rôles. Sauf que c’est dans mes rêves. Un popeux ressemblera toujours à un artichaut tiède avec un jean trop court, des baskets en toile et une chemisette bleue délavée qu’il portait à l’école primaire (enfin ça c’est ce qu’il essaie de vous faire croire, il l’a acheté à la fripe du coin, JE LE SAIS !)… Bon maintenant, ce mec, il est dans le trip barbu visiblement. No comment.
Derniers disques achetés : LOUDBLAST « Frozen Moments Between Life and Death » (Ils sont de retour, excellent album, ils balancent ce qu’ils savent faire de mieux, du death mélodique, avec un côté viking metal épique pas dégueu’, un de mes groupes de metal français préférés, du coup j’en ai profité pour me racheter l’album « Fragments », une belle pièce itou…. lors d’un de mes premiers cours de guitare, en 1993 j’dirais, j’avais amené un de leur album « Disincarnate » et avais demandé à mon prof de décrypter un passage de tapping sur un des morceaux, le mec avait tiré une drôle de gueule, c’était un peu plus ambitieux que le riff de « Back in Black » que les élèves avaient l’habitude de lui quémander!)… UNSANE « Visqueen » (quand la noise urbaine devient un peu plus souple, que le fil barbelé se fait fil électrique, toujours aussi massif et sans pitié, mais un peu moins répétitif que sur leurs précédents skeuds, un peu plus aéré, quoique ça reste ambiance coup de marteau sur la nuque. Ca fait crac, puis tu tombes, inanimé. La song « only pain » peut donner de mauvaises idées aux plus sensibles, genre plonger la tête la première sous un train -ou s’endormir dans son garage avec le moteur de la Peugeot 505 à plein régime- sans laisser de lettre d’adieu à votre femme et vos enfants sur la table de chevet, qu’ils se démerdent), CARCASS « Wake Up and smell the Carcass » (snif snif, ça sent la carcasse ici, qui c’est qu’à pété? Compil’ posthume), VOIVOD « s/t » (premier album de leur collaboration avec Jason Newsted à la basse, moins thrash old school retro futuriste, plus rock, avec toujours ces pics dissonants ici et là), ZNOWHITE “Act of God” (réédition, speed metal/thrash de seconde zone du tréfond des 80s, pour faire vite l’axe metallica/megadeth/exodus des débuts avec la voix d’une meuf qui a ses règles, je précise qu’elle avait la même coupe de cheveux que David Hasselhoff au sommet de son art, un black à la guitare, très rare à cette période pour que je le précise, la prod’ est un peu datée mais ça dépote correct, riffs heavy fulgurants joués à l’ancienne, c’est teigneux et ambitieux, le spirit est excellent, la pochette hideuse, bref un skeud bien cool), CROSSOVER Compilation (la bande son de mes années ado’, avec pochette’illustrée par le génial Denis Grr, au menu tout ce qui m’a façonné et marqué à vie : Suicidal Tendencies, Soundgarden, Alice in Chains, Prong, Rollins Band, Treponem Pal, Burning Heads, Danzig, Biohazard, Cro Mags, Mod, Sod, Mucky Pup, Infectious Grooves, le tracklisting est barge, le genre de skeud que l’on pourra jouer à mon enterrement pour l’habillage sonore du speech de commémoration, « le Nasty c’était un gars très nice qui écoutait de la bonne zique et lisait un peu trop de BDs avec des clones de Conan dedans, il nous manquera, qu’il repose en paix dans sa tombe en forme de Flying V, et s’il vous plaît, pour l’amour de Dieu, veuillez remettre cette croix dans le bon sens, merci »), MADHOUSE “Razzle Dazzle” (crossover hardcore français dans la lignée des premiers Suicidal, sorti en 1990, à noter qu’on retrouvera quelques années plus tard le guitariste sur les premiers skeuds de Kickback (les meilleurs, de loin!)… ce band me fait penser à Hoax, période « Ego Eater »), KING’S X “Ear Candy” (zicos de folie pour un groupe qui mixait habilement les Beatles et Black Sabbath’ dans les 90s… proto heavy grunge hard US avec une touche fm qui aurait dû les mener très loin… résultat ils se sont reformés il y a peu et envoient dans des clubs devant une centaine de personnes tous les soirs. « Life’s hard, then you reunite your old band »).
A la salle de sport, dans mon I-Pod, les bands qui reviennent à chaque entraînement : HAVE HEART, COMEBACK KID, BRING ME THE HORIZON, STRIFE, DEFTONES, BREACH.
C’est fini, j’écoute Nine Inch Nails (« Year Zero »), je viens d’aller courir 40 minutes, je suis assis devant mon laptop, en short, torse poil, suintant et dégoulinant, c’est l’heure de la douche.
Merci à ceux qui ont lu nos échanges, à ceux qui ont envoyé des commentaires, merci à toi Mike pour nous avoir moucheté chaque mois de ton génie.
On réfléchit à une édition sur papier, un zine fait à 4 mains qui regrouperait l’ensemble des articles de ce site et quelques illustrations, j’espère que ça se fera.
Ce message s’autodétruira dans quelques semaines, comme dans la scène finale de chaque épisode de l’Inspecteur Gadget. J’aurais pu conclure avec le célebre « Chalut, à demain si on veut bien! » emprunté à Groucha de Télé Chat (l’émission bien barrée qui a fait la gloire de FR3 dans les 80s et qui a plus qu’interloqué les marmots innocents que nous étions) mais c’est pas vraiment adapté. Le site disparaîtra d’ici deux mois.
Pour finir en beauté, pas une citation mais trois :
» Lorsque le réel n’est plus ce qu’il était, la nostalgie prend tout son sens » – Baudrillard.
» La barbarie est l’état naturel de l’espèce humaine. La civilisation n’est pas naturelle. Elle résulte d’une fantaisie de la vie. Et la barbarie finit toujours par triompher « . – Robert E Howard.
» We will never sleep, ’cause sleep is for the weak, And we will never rest, ’till we’re all fucking dead « , et ça tu sais de qui c’est, hein….
Ah, et dernière chose… Fuck le Jazz. Vive le Speed Metal.
-NS
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MICKSON – DIMANCHE 22 MAI 2011
Hiya ! Ca y est c’est le last jazz ! Save the last dance for me… Jazz OD? OK! Je comprends tout à fait, c’est hyper cool cette colonne, encore faut-il que ça rentre dans le planning…
Et ce côté on a fait le tour de la question, OK aussi. Jveux dire on aurait pu en faire encore 30 ou 40, pas de problème, mais on radote pas mal dans l’ensemble ! Et ouaip finir sur un numéro 13, c’est bonnard, vendredi 13, room 13… “keep me alive, only you can do it”… ha ha… c’est vrai faut pas s’appesantir, le changement c’est bien, faut ouvrir les fenêtres pour aérer, changer de direction, tout est possible ! Comme dit Jack Sparrow dans le premier opus à la barre de son rafiot, « apporte moi cet horizon », on fait voile vers de nouvelles aventures, vers l’inconnu, jusqu’au bout du monde !
Allez, pour rester dans ce trip pirates des Caraïbes (sortie du 4 mercredi !), on envoie une dernière bordée de jazz !
En fait c’est marrant, c’est une période de changements et de transition on dirait, on arrête le jazz, et de mon côté j’arrête le zine… pareil, j’ai fait le tour de la question je crois, 12 numéros (putain même pas 13) étalés sur 6 ans, dont la moitié pour trouver la formule qui fonctionne (enfin plus ou moins). Il est temps d’arrêter avant de soûler les gens. Perso, je le suis, soûlé. J’ai envie de faire autre chose. Marre des colonnes sur les meufs, marre de geindre, des histoires de stagiaires (oui y’en a une assez bouleversante en ce moment au taf, non j’écrirai rien dessus), de rêves qui me mettent en scène avec la punk-pixie de Franklin, Tennessee), de crushes qui durent deux jours ou deux heures, bonjour la redondance… après c’est clair qu’il y aura des similitudes avec le shot down… donc nouveau nom, numéro un pour se faire les dents, trouver nos marques, on (puisque je fais ça avec une sidekick) verra bien où ça nous mène ce truc. Faut tester !
Idem pour PONYBOY, je vais sûrement arrêter ça, faire un truc sous une autre forme, je vais aviser… j’ai 2-3 morceaux en stock, on va tenter le coup.
Pour les dessins c’est du kif, l’autre fois je me suis remis à dessiner pour moi-même, vu que ces derniers temps c’était tout à base de commandes pour des logos, des stickers, des pochettes… j’ai fait un truc sorti de ma cervelle, comme ça venait, à la cool, en écoutant du son et c’était génial… je dis pas que je vais arrêter de faire des illus sur demande mais sans doute en faire moins… comme tu dis ça change rien question bulle qui nous protège de toutes ces merdes ambiantes (en vrac, l’échéance 2012, l’augmentation du prix des pâtes, le festival de Cannes…), rien ne vaut l’isolation, en tout cas ça marche pour moi !
Ouais l’instinct c’est lui qu’il faut écouter en priorité !
Trois mois de silence radio, putain comme ça passe vite… le gros truc pour moi durant ce laps de temps ça a été le week-end du Groezrock, à n’en point douter… comme à chaque fois, l’occase de voir des trucs de ouf, qui me retournent la tronche, d’être avec des potes, de rencontrer des corres’, c’est la belle vie quoi… bon je te fais pas un report détaillé ça me prend le chou… en fait cette année j’en ai lu qu’un, de report sur l’événement (celui de Punk Fiction), par curiosité, et ça m’a gonflé, parce que tout ça c’est trop subjectif… franchement ça m’emmerde de lire des trucs désobligeants sur des groupes qui m’éclatent, pour lesquels j’étais venu tout particulièrement… chacun son trip, mais il y a une façon d’en parler, sans être condescendant… montrer qu’on est dans le vrai, qu’on a super bon goût, infaillible et tout c’est nul à chier… genre débiner CUTE IS WHAT WE AIM FOR, groupe pour chochotte taillé pour JD Dorian quoi… tout ça pour défendre bec et ongles H2O (exemple au pif).
H2O je les vus l’année passée, parce que ça rentrait dans le planning, et ça m’a brouté. Déjà la zique c’est pas mon rayon, et ces ordres qui viennent du chanteur, genre MAINTENANT VOUS ALLEZ FAIRE UN PUTAIN DE CIRCLE PIT !!! Ben non, je vais pas. Je m’en tape des préceptes du HC, des attitudes photocopiées, des comportements qui confinent au dressage… c’est un genre de tradition, c’est pénible.
C’est ouf cette belle rhétorique tenue par les groupes entre et pendant les chansons, ça tient pas la route longtemps, la « scène » n’est pas exempte de trouducs mesquins, beaufs, sexistes, qui se rapprochent du hooligan basique… on est pas des moines bouddhistes les mecs… même eux sont juste des hommes, avec tout ce que ça implique de sale.
Ces discours rabâchés depuis une éternité, ce bordel touffe/gladiateur des rues, ça m’insupporte, j’ai horreur des sectes, avec les rites initiatiques, t-shirt et tatz obligatoires et tout ça !!!
UNITY, TU PARLES !
Encore une fois, attention à comment on parle des choses, ne pas dire ce groupe c’est génial, et celui-là c’est de la merde… mais plutôt ce groupe JE le trouve génial, et celui-là JE trouve que c’est de la merde. Donc : J’AI adoré le show de CUTE IS WHAT WE AIM FOR. Et je cherche pas à convaincre qui que ce soit que c’est un super groupe.
Avant ce fameux week-end on a pu voir un déchaînement de posts sur internet, via les blogs, du style « ouah cette année c’est la foire à l’emo de fiotte, y’a pas de punk-rock, bla bla bla »… scuzi ??? Vous avez maté la prog ? Les DROPKICK MURPHYS (qui m’intéressent pas du tout) c’est quoi, du deathcore ? De la pop emo ? Y’en avait pour tout le monde, j’ai trouvé. Comme d’habitude. Passons… ensuite, venez pas si ça ne vous satisfait pas.
L’année dernière on était tombés sur un mec qui avait une invite et qui a passé son temps avec un discours genre y’a rien que de la merde. Bon OK il avait pas payé le pass, mais ce type a quand même fait 400 bornes (aller) pour être là… no comprende.
C’est comme si j’allais au salon de l’agriculture parce que j’ai une invite, sachant que je m’en tape complètement… et une fois là-bas, dire « merde, elles sont nulles ces vaches », et « j’aime pas le pinard »… putain la connerie n’a pas de limites…
Donc, vite fait, les concerts du groez que MOI j’ai préféré : DASHBOARD CONFESSIONAL, bien évidemment… voir Chris Carrabba tout seul avec sa guitare acoustique retourner la main stage avec ses bluettes pop, j’ai trouvé ça génial… en plus je pensais jamais le voir en live ce gonze. SAVES THE DAY qui nous ont claqué un best-of dément… FURTHER SEEMS FOREVER, la claque aussi… PIEBALD, excellent. CUTE IS WHAT WE AIM FOR évidemment. Et plein d’autres trucs, VEARA, UNDEROATH, WE CAME AS ROMANS, CIRCA SURVIVE, TWIN ATLANTIC, CIV, ASKING ALEXANDRIA, et j’en passe… c’était mes choix, comme quand on faisait le planning à Gerardmer… genre t’étais pas venu à l’après-midi MPD PSYCHO, parce que tu t’en tapes, et je comprends ça ! Je vais pas te dire tu me broutes avec METALLICA, tu ferais mieux d’écouter A SKYLIT DRIVE… le fait d’avoir des goûts divergents ça change rien… et on en aura toujours des convergents…
Donc planning établi des semaines à l’avance, pas de place pour les trucs punk-rock (des groupes qu’on peut voir dans les bars pour $5, en gros…)… c’est pas pour faire le malin, c’est juste que le timing était serré, que j’avais des priorités… la preuve je suis allé voir 20 mn de CIV et j’ai trouvé ça terrible… son dantesque et énorme patate des New Yorkais, dont l’album « set your goals » est carrément fabuleux… ouais 20 mn, mais j’avais un mot d’excuse de Chris Conley genre « le Mickson pourra pas assister à tout le set de CIV parce qu’il doit être à l’heure pour mon récital ; et qu’il veut pas en louper une miette »… encore merci, mec !
Je suis allé voir le début de TEENAGE BOTTLEROCKET, j’ai trouvé ça plat… je m’y suis pas attardé… et j’ai carrément loupé NO FRIENDS, j’ai plus les détails en tête mais si j’ai pas fait le déplacement c’est que j’étais occupé ailleurs… et j’ai suivi d’une oreille la prestation des DESCENDENTS, là je m’en souviens, j’étais dans l’herbe à quelques dizaines de mètres de la scène où ils se démenaient… ça devait être pas mal, la set-list était cool (des tubes en série) mais j’étais pas motivé, ni obligé d’y aller… mince je vais encore perdre un paquet de points-scène… j’en ai déjà plus des masses !
Bref ce fest c’était cool, et j’ai déjà gribouillé une wishlist pour l’année prochaine !!! Oui oui t’as deviné y’a PARAMORE dessus…
Niveau concerts j’en fais moins aussi, faut vraiment que ça me fasse envie, sinon à quoi bon ? je bois quasi plus jamais d’alcool, la dernière chose que j’ai envie de faire c’est m’enfiler des chopes devant un groupe qui me fait pas d’effet, je suis mieux chez moi ou au cinoche…
Néanmoins, je me suis bougé pour le set des FORGETTERS, et c’était cool. Pas beaucoup de monde, mais bonne prestation de Blake Schwartzenbach et son backing-band, super morceaux, JAWBREAKER 2.0 quoi, juste un peu plus heu… ambiant ! Bon punch, du talent, des tricks de guitare complètement perso du gaucher, c’était une bonne soirée… encore une fois, j’aurais jamais cru le voir sur scène lui…
Idem (dans un autre délire) pour PATRICK STUMP. Genre 70 personnes maxi à la Boule Noire, pour aller écouter son projet solo, et c’était génial. Une première partie hip-hop (PHYSICAL GRAFFITI) et ensuite une bonne dose de funk 80 (à la THE TIME) joué à burnes par le music geek # 1. Une soirée hors du commun, j’ai adoré… j’aurais bien acheté le skeud (« soul punk », tout est dans le titre…) mais il est pas encore sorti, en fait y’avait rien en merch, que des tishes pas terribles… on aurait dit un groupe de newcomers, en tout cas dans les ex FOB c’est bien lui qui prend le plus de risques… bravo Pat !
Ouais pareil, les disques c’est d’occase et c’est tout… genre « badmotorfinger » de SOUNDGARDEN chopé sur Price, un SUPERCHUNK par ci et un TWISTED SISTER par là, quand ça se présente… quelques trucs en promo, avec parfois un groupe qui me retourne, comme TOKYO POLICE CLUB l’année dernière… là j’ai reçu l’album de SUBCITY STORIES, c’est plutôt bonnard.
L’agonie du biz’ musical ? Génération néant ? J’adore ! Ca alimente mon délire 2012… ouais c’est le chaos, trop de trucs dans tous les coins, OK c’est mieux quand les groupes mettent leurs chansons sur un support physique, d’ailleurs je fais encore partie des mecs qui mettent un peu de ronds dans des sorties de disques (vinyle y compris) de temps en temps, mais je liste pas le nombre de combos que j’ai découverts via leur bandcamp, et dont j’ai chopé directement quelques titres via le net… c’est bien de tabler sur les deux… avec Wize on a quelques projets de sorties, donc j’adhère encore là dedans… mais pas seulement. Je me dis que je peux profiter de plusieurs supports, c’est tout bon… à la limite si un jour on pouvait sortir un truc sur cassette audio, pourquoi pas ? C’est aussi l’occase de bien emballer l’objet, dans une cool pochette, faire des stickers… c’est pas avec ça qu’on va devenir riches… tant qu’on s’éclate à faire ça, c’est good… on vit une drôle d’époque hein ?
« Bart Vs The Space Mutants » ??? Ay caramba! EAT MY SHORTS! Je l’avais ce jeu… sur Megadrive je crois bien… dingue… je m’y suis remis au jeux mais façon retrogamer… Megadrive, Super NES … y’a pas à chiquer, graphiquement je m’y retrouve bien plus dans ces trucs 16/32 bits… j’adore ces petits persos qui s’agitent, ces sons synthétoc, c’est fun, j’en ai eu marre (après avoir failli craquer pour une X Box 360, après des après-midis entiers de tests chez un pote, à jouer à Rising Dead et Gears Of War) de ces trucs qui veulent être ultra réalistes, je préfère le mec tout carré de Stryder… j’ai ressorti Sonic The Hedgehog et ça reste un jeu carrément génial… en plus les cartouches coûtent rien…. C’est trop la classe ces visus, regarde le jeu Scott Pilgrim ils l’ont fait à l’ancienne…
Bon je sors aussi la PS1 parfois, pour jouer à Tekken avec Lisa…
Bah non j’ai pas trop suivi cette histoire avec Ben Weasel… j’avais bien vu une news sur un site (je sais plus lequel) mais je me suis plus concentré sur un autre pétage de plombs, celui de Charlie Sheen ! ha ha !
C’est zarbi en tout cas. Comme tu dis, qui n’a jamais eu envie de découper à la machette ses voisins qui dansent comme des cons sur des tubes de Claude François joués à donf ? Il a pas frappé cette meuf sans raison, même si c’est assez extrême comme réaction… quant au déchaînement des bien-pensants (qui plus est dans les milieux du punk-rock, formatés à bloc les cocos !) faut pas aller aussi loin dans les actes pour avoir des commentaires stupides… puisque tu te fais juger quoi que tu fasses ! Genre ANTI-FLAG qui se sont fait détruire quand ils ont quitté leur label d’origine (un truc super DIY de Pittsburgh) pour aller chez New Red Archives… c’est quand même le label de Nicky Garratt quoi… je sais ça n’a pas grand chose à voir mais le lynchage systématique c’est bien un truc de punk je trouve… alors à plus forte raison si un zicos tape quelqu’un, une meuf en plus (qui l’avait sans doute cherché)…
Par contre niveau cinoche j’y vais de plus en plus… y’a pas à tortiller, j’adore toujours autant me retrouver dans une salle obscure, avec un sachet de saloperies chocolatées à grignoter… toujours le frisson quand apparaît le logo du studio, Universal, Columbia, Fox… ça me rappelle quand j’étais petit, je redescendais au salon et je matais en loucedé le cinéma de minuit chez mes remps… après le laïus du mec avec sa voix insupportable (« suite… de notre cycle… James… Whale… bla… bla… bla… »), ils envoyaient le générique, style avec le panneau « an RKO radio picture » avec l’antenne qui envoyait ses ondes sur le monde… putain toutes ces bandes matées avec délectation, du Tod Browning, du Robert Aldrich, du Otto Preminger, du Fritz Lang (période « Furie » avec Spencer Tracy)… des acteurs tombés dans l’oubli, plus ou moins, James Cagney, Gene Tierney, Ralph Meeker, Wallace Beery, et j’en passe des Clark Gable, des Richard Boone, des Kim Hunter, des Carol Baker et des Veronica Lake…
Donc, de quoi je pourrais parler dans les trucs vus ces derniers temps…
THOR ? Allez c’est parti. Toujours cool une prod’ Marvel, même quand c’est pas tuant on passe un bon moment… bon j’ai un peu bloqué en voyant que c’était réalisé par Kenneth Branagh, mais bon le mec avait déjà tapé dans le gros flick avec son FRANKENSTEIN… réflexe crétin quoi, si Branagh a envie de s’amuser, il a le droit… en plus quand tu vois le monde au générique final, tu te dis qu’il a dû se taper uniquement les scènes où ça cause ! Les scènes Shakespeariennes quoi, avec les thèmes classiques, lutte fratricide, ambition qui pousse à la folie, trahison, etc etc… Thor se retrouve banni d’Asgard par son dabe, suite à une escarmouche avec les géants des glaces, ça craint, donc on l’envoie sur terre… où il rencontre une tite universitaire (Natalie Portman, la copine d’Olive Dead Pop ha ha), sa BFF rigolote (Kat Dennings) qui envoie les meilleures punchlines, ainsi que leur prof (Stellan Skarsgaard)… alliance avec les mortels, en vue de bouter l’ignoble Loki en bas du trône qu’il a usurpé… c’est bien torché, ça prend pas le chou, efficace et tout, après c’est pas le truc qui va te bouleverser… à noter que Joss Whedon vient de commencer le tournage des Vengeurs, plutôt cool, et ça va permettre de revoir le gars qui interprète Thor, avec son faux air de Brad Pitt… Iron Man, Nick Fury…
NEVER LET ME GO : on change carrément de registre avec ce film ultra emo qui raconte l’histoire de kids élevés dans des institutions quasi coupées du monde, parce que leur avenir c’est de n’être que des donneurs d’organes… mais ces gens sont des humains, ils ont des sentiments, ils tombent amoureux et ont tout simplement envie de vivre… ce qui tue dans ce film c’est la sobriété dans le scénar, on aurait pu tomber dans la facilité mais c’est pas le cas… ambiance triste et pesante tout du long, en suivant un trio (un mec + deux filles) englués dans leur destin tragique… c’est avec le prochain Spiderman (Andrew Garfield), vu aussi dans THE SOCIAL NETWORK, il est très bon ce garçon !
SUCKERPUNCH : le nouveau Zack Snyder ? en demi-teinte… le scénar est relou (des nanas qui doivent s’échapper d’un asile psychiatrique), c’est long, mais il rattrape le coup niveau visuel, c’est ultra-torché… toutes les scènes de baston sont incroyables, dans le délire jeu vidéo, un univers différent par « tableau »… les filles mettent le paquet, ça part dans tous les sens, SF/thriller/guerre/horreur/chambara… ça vaut quand même le coup d’être vu !
HELLDRIVER : série B de luxe avec Nic Cage (alors lui, il cachetonne à mort depuis un paquet d’années !)… l’histoire d’un évadé qui veut assouvir une vengeance et qui est poursuivi par un chasseur de primes… seulement Milton* il est pas évadé de taule mais de l’Enfer, et ce chasseur de primes c’est un envoyé de Satan, qui doit ramener le fuyard au bercail. C’est assez fun, ça passe tout seul, même si c’est un peu castré, je trouve, ça se lâche pas assez quoi, ça louche vers Roberto Rodriguez mais ça ose moins ! Pas dégueu anyway. Et sa complice c’est la Texane Amber Heard (Mandy Lane, Zombieland, elle va jouer dans Red Sonja)… cool non ?
*Milton, Enfer, Paradise Lost… ha ha ! Paraît que Alex Proyas s’attaque à l’adaptation de ce bouquin légendaire, un méga classique de la littérature anglo-saxonne ! On va voir ce que ça donne…
FAST 5 : oui j’avoue, je suis devenu fan de cette franchise, pourtant les bagnoles, hein… enfin pas les Citroën C4, mais les muscle-car des années fin 60/début 70 je trouve ça cool… les mecs qui dessinaient ces caisses avaient vraiment un sens esthétique aiguisé. Et le ronflement du V8, ça me fait toujours penser à celui qu’on entend en intro de « Supercharged in my parking garage » de X, sur l’album « Ain’t love grand »… J’échange 12 berlines actuelles avec sellerie en cuir et tout le merdier électronique qui va avec, GPS et radar de recul, contre une seule Chevrolet Nova… dans ce (provisoirement) ultime opus des F&F (restez jusqu’à la fin du générique, surprise) le Dom pilote justement une Dodge Charger de 70… bon ce film c’est bien crétin mais la mise en scène de Justin Lin dépote, la poursuite de fin dans les rues de Rio c’est l’apocalypse, y’a Jordana Brewster, ça divertit bien, donc mission accomplie… je serai présent pour le 6, en plus (ATTENTION SPOILER !!!) Michelle Rodriguez sera de retour !
Bon ben on va conclure alors ! Boo hoo !
Ultime playlist, ça sert pas à grand chose mais c’est toujours cool à concocter ! Juste quelques trucs pour se faire plaise !
Attaque de Brits pour commencer :
WE ARE THE OCEAN « Cutting our teeth »
Screamo tendu, juxtaposition de voix beuglées et aériennes, guitares qui cisaillent, c’est la formule ALEXISONFIRE quoi! Excellent !
TWIN ATLANTIC « Free »
Pop ultra smart entre SPARTA, DIVISION OF LAURA LEE et IDLEWILD, c’est la grande classe. Vus juste un bout au Groezrock pour cause de planning serré !
THE BLACKOUT « Hope »
Ces gus sont balèzes pour mélanger les styles, ça mixe YOU ME AT SIX avec GALLOWS, pour schématiser… album génial, moins cool sur scène, à cause du chanteur qui joue à Jacques a dit sans arrêt… c’est relou !
Du Chinois :
TOUMING MAGAZINE « Soul Music »
Un phénomène ce combo de Taipei… au menu : WEEZER, PASTELS, WEDDING PRESENT, VOIDOIDS et j’en passe, les rois de l’assimilation des styles, recrachés à leur sauce perso, une grosse claque !
Du Ricain :
VEARA « What we left behind »
HC poppy entre le triangle d’or LIFETIME/NEW FOUND GLORY/GORILLA BISCUITS! Super patate et mélodies acidulées, avec en bonus une tite batteuse tout droit sortie d’un cartoon (mais qui frappe comme une mule !)… énorme sur scène !!!
ALL TIME LOW « Time bomb » + “I feel like dancing”
Deux extraits de l’album « dirty work » qui arrive début juin… poppy-punk, un chouille encore plus FM mais ça me dérange pas au contraire ! Le second morceau est co-écrit avec Rivers Cuomo…
Ben voilà quoi, finito… c’était cool et on se retrouve pour d’autres activités OK ?
Je voulais juste ajouter un petit mot au sujet de Matt Showman, qui nous a quittés il y a peu… un mec génial que j’ai malheureusement vu trop peu de fois … notre relation c’était plutôt à base de messages… à papoter au sujet des groupes qui nous faisaient tripper… et d’autres trucs… c’est la vie quoi. Un gars au goût très sûr, à la barre d’un label à forte personnalité, ses prods c’était toujours la classe. Only the good die young comme dit l’autre, en opposition aux cohortes de sacs à merde qui vivent jusqu’ à 99 ans… adios buddy.
« ON WITH THE SHOW » (version MÖTLEY CRÜE ou la reprise des GET UP KIDS, peu importe, j’adore les deux…)
“C’EST LA FIN !!!” (Juliette Lewis dans STRANGE DAYS)
-Mickson

































































































































































































































































